On dit que je suis auteur et éditeur indépendant. Disons plutôt : un gars formé en cinéma qui a monté Les Éditions Patrick Jobin pour publier mes livres. Je n’ai pas créé ça pour les trompettes : j’écris surtout pour m’occuper, me changer les idées et fabriquer tranquillement des mondes. Quand l’énergie me le permet (maudite énergie !).
Mon parcours en cinéma m’a appris à cadrer, à penser en images, à voir qu’un hangar vide pouvait devenir un univers. Ce réflexe, je l’ai gardé en littérature : mes textes fonctionnent comme des plans, mes personnages comme des acteurs, mes décors comme des atmosphères à part entière.
Je travaille aussi vite que je marche, c’est-à-dire lentement, avec minutie. Je corrige, je resserre, j’essaie de garder le rythme juste sans perdre l’intensité. Je n’aime pas enjoliver ni moraliser : je préfère montrer les choses telles qu’elles me traversent, avec ironie ou gravité, selon le moment. Ce qui est grave pour l’un peut sembler ironique pour l’autre. C’est comme le jello vert à l’hôpital… je me comprends.
Ce qui me distingue, je crois, c’est ce mélange d’humour sec et de profondeur, cette façon d’alterner entre le sérieux et le clin d’œil. J’explore l’humain et la vie. La philosophie me questionne, la psychologie m’analyse. Les thèmes lourds me passionnent, mais sans pathos — plutôt comme un miroir où chacun peut se voir un peu.
J’ai publié Un matin et Un après-midi, des contes à la teinte philosophique et poétique, et plus récemment Folies, un recueil de sept nouvelles qui explore les méandres de la folie au quotidien. Les prochaines années s’annoncent bien remplies : les suites de mes contes (Un soir, Une nuit, Le lendemain matin) et le tome 1 de mon roman-fleuve, une longue aventure humaine où je continuerai d’installer ce miroir, devant moi comme devant mes lecteurs.